#166 Manon, fille sœur et daronne

Fratrie et famille : chacun sa place

On a toutes un rôle bien précis au sein de notre cellule familiale. D’abord le numéro qui nous est attribué dans la fratrie, puis la place prise par nos frères et sœurs, et enfin la relation avec nos parents bien sûr. Il y a le couple qu’ils ont formé ou qui s’est déformé sous nos yeux mais aussi le regard qu’ils ont posé sur nous, le temps qu’ils nous ont accordé. Tous ces paramètres font que nous nous construisons chacune différemment. Et c’est dans l’enfance que nous chargeons les bagages que nous porterons toute notre vie… Eh oui 😉

Alors quand on grandit au sein d’une fratrie où l’un des enfants est porteur de handicap, cela a évidemment des répercussions sur la femme et la mère que l’on deviendra.

Grandir à côté du handicap

Manon est la numéro 3 de sa fratrie. Elle se définit elle-même comme un “bébé médicament”, car elle arrive après un fils cadet porteur du syndrome d’Angelman, maladie génétique transmise par la mère, impliquant un trouble sévère du développement neurologique. Alors par la force des choses, Manon devient la grande petite sœur de ce frère vulnérable qui nécessite une disponibilité de tous les instants et qu’elle aime plus que tout. Elle évitera donc de faire des vagues, excellera en natation synchronisée, et fera ce qu’on attend d’elle : tout contrôler pour ne surtout pas laisser de place à sa propre vulnérabilité.

Devenir daronne à son tour

Et puis un jour, c’est à son tour d’expérimenter l’aventure de la maternité, et c’est là que ses verrous ont été obligés de sauter, lui rappelant qu’elle aussi, avait le droit de craquer… Car prendre soin d’un frère n’est pas tout à fait la même chose que de s’occuper de son propre enfant.

Dans ce nouvel épisode de bliss.stories, Manon vous racontera donc la tempête post-partum qui lui a fait perdre pieds, elle qui se pensait si solide, et l’équilibre retrouvé grâce au merveilleux lien qu’elle tisse avec sa fille à travers la DME. Vous découvrirez combien ce stade de la diversification alimentaire menée par l’enfant lui a permis de trouver sa place de daronne, et comment un petit bout de banane peut aider à faire un grand bout de chemin.