#157 Aline, asexuelle et parent

“Ce n’est pas le sexe qui définit qui nous sommes“

Quand Sex Education est sorti, j’ai bingé la série et bu les paroles pleines de bon sens de Jean Milburn, cette sexologue indomptable campée par une Gillian Anderson génialissime. Et je me souviens très bien d’une de ses punchlines : “Ce n’est pas le sexe qui définit qui nous sommes”. Un postulat qui a le mérite de donner pleinement sa place à l’asexualité pour s’exprimer.

Car pour certaines personnes, le désir charnel, l’attirance physique ou l’idée même d’un rapport sexuel n’a rien d’un plaisir coupable. Au contraire, le sexe est une sorte de no man’s land, un terrain vague qu’elles contournent quand elles peuvent pour emprunter d’autres chemins où le corps de l’autre n’est pas un objet de désir et l’envie d’être ensemble s’exprime par d’autres mécanismes que les papillons dans le ventre.  

Être asexuelle et faire famille

Mais alors comment concrétiser un désir d’enfant quand la sexualité ne fait pas partie du plan ? Quel parcours pour les personnes asexuelles qui veulent faire famille ?  

Aline a mis un mot assez tard sur son asexualité, après s’être inventée des crushs pour faire comme les copines, pour répondre aux codes d’une génération Sex and the city, où le sexe est officiellement cool et épanouissant, et où il serait carrément honteux d’avouer ne pas l’avoir fait. Mais alors qu’elle vit quelques expériences qui la confortent dans son célibat, son désir d’avoir un bébé grandit en elle. Et puis elle finit par sauter le pas en se lançant dans le projet d’une parentalité en solo. 

Un bébé non genré

Dans cet épisode, Aline vous racontera donc son itinéraire de jeune “parent”, sa grossesse en célibataire et son accouchement marathon, et puis sa rencontre avec Jo… un prénom non genré choisi avec soin, pour offrir à son enfant un terrain neutre où jouer, se construire et grandir comme iel l’entend.