#144 Chantal Birman, une vie de sage-femme

Chantal Birman, figure emblématique des sages-femmes

Son visage vous dit peut-être quelque chose, sa voix et son sourire aussi certainement, si vous l’avez déjà croisée. Parce que lorsqu’on rencontre Chantal Birman, on ne l’oublie pas. Elle est de celles qui ont fait l’histoire du féminisme, qui ont vécu les heures sombres de l’avant Simone Veil.

Quand on la regarde et qu’on l’écoute, c’est l’époque de nos mères et de nos grands-mères qui défile sous nos yeux. Une époque où les femmes devaient se cacher pour avorter et où les hôpitaux les récupéraient, souvent exsangues, et agonisant d’avoir choisi leur liberté plutôt qu’une maternité non désirée.

Féministe un jour, Féministe toujours

Au milieu de ce chaos pré-68, l’école de sages-femmes Baudelocque, à Paris, a vu débarquer un de ses plus fidèles soldats. Chantal Birman y est entrée avec la certitude qu’elle était au bon endroit, et que sa mission dans la vie serait de se mettre au service des femmes, de les écouter, de les soigner, de faire en sorte qu’elles aient moins mal, que leurs choix soient entendus et qu’elles puissent vivre leur maternité le plus librement possible.

“À la vie”, un documentaire sur sa dernière tournée

Peu de temps avant son départ à la retraite, Chantal a croisé la route d’Aude Pépin, jeune réalisatrice de talent, qui a décidé de la suivre lors de ses dernières visites à ses dernières patientes. Aude a fait un film d’une délicatesse et d’une puissance inouïes. Ce film s’appelle “À la vie”. Il sort le 20 octobre prochain au cinéma, et il faut absolument le voir. Mais avant ça, place à la merveilleuse Chantal et sa vie de sage-femme.