Accouchement : Quand mon mari a remplacé ma sage-femme le jour J - Agathe

Agathe a toujours rêvé de devenir mère. Mais entre les nausées, les douleurs pelviennes, les angoisses liées à son métier d'infirmière puéricultrice en réanimation néonatale et une grossesse bien plus difficile qu'elle ne l'avait imaginée, ce rêve est loin d'être un long fleuve tranquille. Heureusement, elle peut compter sur Théo, son mari, qui s'investit pleinement dans leur projet de naissance… jusqu'à se former à l'accouchement physiologique. Si rien ne se passe finalement comme prévu, c'est pourtant bien lui qui l’aidera à accoucher de leur petite Simone. 

Je m'appelle Agathe, j'ai 28 ans. Je viens de Normandie et je suis infirmière puéricultrice dans un service de réanimation néonatale. Ma famille est composée de Théo, mon mari avec qui je partage ma vie depuis bientôt neuf ans, de notre fille Simone, 10 mois, et de notre bouledogue Alfred. 

🔸2017 

Je rencontre Théo au lycée, mais à l'époque, nous ne nous intéressons pas vraiment l'un à l'autre. Quelques années plus tard, alors que nous faisons nos études supérieures, nos chemins se recroisent. Et cette fois, c'est une évidence. Il est drôle, cultivé, sportif. Moi, je suis plus discrète, encore un peu marquée par une précédente histoire d'amour. Il est attentif comme personne ne l'a jamais été avec moi. Très vite, il devient mon meilleur ami, mon repère, celui avec qui j'ai envie de construire tous les projets de ma vie. 

Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours voulu être maman. Les bébés font partie de ma vie depuis toujours. J'en ai même fait mon métier. J'adore les prénoms, je crois que j'ai commencé mes listes à 15 ans, et créer ma propre famille est le projet qui m'anime depuis toujours. Avec Théo, nous parlons de projet bébé très vite. Mais nous voulons prendre notre  temps : construire notre couple, nous marier, nous sentir prêts. J'ai une seule certitude : à 27 ans, je veux être enceinte. Et c'est exactement ce qui arrive. 

🔸2024 

Moi qui pensais adorer être enceinte, je découvre une expérience beaucoup plus difficile que je ne l'avais imaginée. 

Je me souviens encore de l'émotion de mon test de grossesse positif. Quelques jours plus tôt, je suis en Écosse. J'attends de rentrer pour faire un test, mais au fond de moi, je suis déjà persuadée d'être enceinte. Pendant tout le voyage, je ne pense qu'à ça. Je m'imagine vivre une grossesse épanouissante. La réalité est tout autre. Très vite, les nausées s'installent. Puis mon ventre s'arrondit rapidement. Les douleurs au bassin deviennent importantes et je souffre en plus de ce que lon appelle une symphyse pubienne : une douleur au niveau du pubis liée à l'assouplissement du bassin pendant la grossesse. Je me sens terriblement diminuée physiquement. Moi qui pensais adorer être enceinte, je découvre une expérience beaucoup plus difficile que je ne l'avais imaginée. Voir mon corps changer et accepter qu'il ne redevienne peut-être jamais exactement comme avant me bouleverse. 

Il navait quune envie : être le celui qui accueillerait notre bébé  

À cela s'ajoutent les angoisses. Mon métier d'infirmière puéricultrice en réanimation néonatale me confronte chaque jour aux situations où tout ne se passe pas comme prévu. Je connais le meilleur, mais aussi le pire. Alors porter la responsabilité de la vie de mon bébé est parfois très lourd. Heureusement, je ne traverse pas cette grossesse seule. Théo s'investit dans chaque étape. Il adore les cours de préparation à la naissance et s'implique totalement dans mon projet d'accouchement physiologique. Il navait quune envie : être celui qui accueillerait notre bébé. Bien évidemment, cela aurait été possible uniquement si tous les voyants étaient au vert, et sans mettre qui que ce soit en difficulté, mais il men a parlé dès le départ. Il travaille au SMUR et sest formé pendant quelques jours dans la maternité de notre hôpital afin d’être en capacité dassister les accouchements inopinés à domicile. Il a adoré ces moments. Je me souviens le voir rentrer et me dire : Cest vraiment le plus beau métier du monde ! 

🔸2025 

Je demande finalement la péridurale. Et aujourd'hui, je peux le dire : je suis tellement heureuse de l'avoir fait. 

Le jour J arrive enfin. 

Après 48 heures de faux travail complètement épuisantes, nous arrivons à la maternité. J'ai rompu la poche des eaux, mais mon projet d'accouchement physiologique commence déjà à s'éloigner. Après une nuit entière de contractions intenses et un travail qui n'avance presque pas, je suis à bout de forces. Je n'ai quasiment pas dormi depuis deux jours. Alors je demande finalement la péridurale. Et aujourd'hui, je peux le dire : je suis tellement heureuse de l'avoir fait. 

La douleur s'apaise. Nous pouvons enfin souffler. Pour la première fois depuis le début du travail, nous retrouvons notre bulle. Notre cocon. Je redeviens pleinement présente à ce qui est en train de se passer. Au moment de m'installer pour pousser, tout le monde est détendu et dans la bonne humeur. C'est là que mon mari explique son projet à la sage-femme. Depuis le début de ma grossesse, il rêve d'être celui qui accueillera notre bébé. Elle vérifie mon périnée et lui répond : Mais carrément ! Trop chouette projet. Je mets des gants, je reste derrière vous et je vous guide. 

Nous avions choisi de ne pas connaître le sexe pendant la grossesse. Il voulait absolument être celui qui me l'annoncerait (...) Je crois que je n'ai pas de plus beau souvenir à chérir. 

Bien sûr, il est prévu qu'elle reprenne immédiatement la main au moindre problème. Mais il n'y en aura pas. Je pousse trois fois. Et notre bébé naît dans ses mains. Puis il me dit : C'est une fille ! C'est une fille ! C'est Simone ! 

Nous avions choisi de ne pas connaître le sexe pendant la grossesse. Il voulait absolument être celui qui me l'annoncerait. Explosion d'amour. Joie immense. Je crois que je n'ai pas de plus beau souvenir à chérir. 

Il m'a accompagnée à fond dans ma préparation avec ma sage-femme et, le jour J, il a été le roc dont j'avais tant besoin. Depuis la naissance de Simone, il est exactement comme je l'avais imaginé : un papa poule, investi et émerveillé devant sa fille. Et même si tout n'a pas été rose depuis son arrivée entre le post-partum, son gros reflux gastro-oesophagien (RGO) pathologique, les pleurs de douleur, les nuits sans sommeil passées à la bercernous formons une sacrée team. Et j'en suis tellement reconnaissante. 

Les tips d'Agathe 

S'il y a une chose que cette expérience m'a apprise, c'est dessayer de se préparer au mieux, tout en acceptant que tout ne se passe pas toujours comme prévu. J'avais imaginé un accouchement physiologique et, finalement, j'ai eu une péridurale. Pourtant, je garde un souvenir incroyable de la naissance de Simone. Je crois qu'il ne faut pas s'accrocher coûte que coûte à un projet de naissance. L'essentiel, c'est de se sentir en sécurité, bien accompagnée et de vivre ce moment de la façon la plus sereine possible. 

Le mot de la fin  

Je voudrais remercier mon mari d’être aussi investi dans sa parentalité, de me soutenir toujours et surtout davoir contribué à cette jolie histoire que nous avons vécue avec la naissance de notre Simone. Enfin, je voudrais vous remercier davoir libéré la parole des femmes à travers ce podcast et davoir créé cette communauté si bienveillante (Hello Bliss Gang chéri daoût 2025) Et surtout Long live the Bliss !! 

Témoignage recueilli par Charlotte Attal responsable éditoriale Short Stories.
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