Pourquoi je pleure tout le temps, enceinte ?
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Tu fonds en larmes juste comme ça, sans raison apparente, et tu te demandes si c’est “normal” de pleurer tout le temps enceinte. Alors, on te rassure : oui, c’est plutôt fréquent. D’ailleurs derrière tes larmes, il y a des mécanismes biologiques, psychiques et parfois même sociaux. Les comprendre, ça permet de mieux accepter et relativiser les émotions.
Dès le début de ta grossesse, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone augmentent fortement, ce qui peut influencer ton humeur, ton sommeil et ta sensibilité émotionnelle.
Pourquoi ? Parce que les hormones sont connues pour modifier pas mal de choses dans le corps, notamment les neurotransmetteurs. Comme la sérotonine qui joue un rôle important dans la régulation de l’humeur.
Concrètement ? Tu peux passer du rire aux larmes en quelques minutes. Et ces montagnes russes émotionnelles, ce n’est pas “dans ta tête”, c’est d’abord biologique.
Et si le premier trimestre est souvent le plus intense, il arrive aussi que le tsunami émotionnel se prolonge. Certaines femmes ressentent même ces variations tout au long de la grossesse.
La grossesse n’est pas seulement un événement physique, c’est aussi un bouleversement identitaire.
On en a parlé avec la psychiatre Sarah Tebeka qui nous a rappelé que "la grossesse est une période de grande vulnérabilité psychique", avec une réactivation possible d’émotions anciennes, de peurs, de souvenirs.
Devenir mère peut faire émerger :
Pleurer, c'est permettre d’extérioriser et de laisser sortir ces doutes, ces peurs et cette transition intérieure.
🫰 Bliss tips au passage : on creuse le sujet des émotions durant la grossesse et comment les gérer avec Sarah Tebeka, psychiatre à l’hôpital Louis Mourier.
📺 Tu peux retrouver toutes ces vidéos dans notre guide maternité Bliss Bump.
On parle de la fatigue du premier trimestre mais on dit peu qu'on peut atteindre une fatigue extrême. Parfois, on se sent sans énergie, complètement "molle". On se traîne. Tout demande un effort monstre.
On le sait, le manque de sommeil et l’épuisement jouent sur l’hypersensibilité émotionnelle. C'est forcément plus dur d'encaisser et de relativiser quand on n'a pas dormi de la nuit.
Tu peux ajouter à ça :
Et tu obtiens un cocktail parfait pour pleurer… et parfois s’en cacher.
Pourtant, si tu ressens de la tristesse, tu n’es pas la seule. En France, on estime qu’environ 5 % à 15 % des femmes enceintes présentent des troubles anxieux au cours de la grossesse.*
Et si pleurer ne signifie pas forcément dépression (loin de là), il est important de ne pas ignorer une tristesse persistante, voire chronique.
🎧 On se souvient du témoignage de Laura dans l’épisode 109 de Bliss Stories, qui revient sans tabou sur la noirceur qui l’a envahie alors qu’elle était enceinte de son premier enfant, et comment elle en est sortie plus forte.
🎧 Et si le sujet de la santé mentale maternelle te questionne, on a tout une playlist dédiée.
Dès que tu en ressens le besoin ou si tu observes certains signes :
C'est important d'être vigilante à ces symptômes et de sensibiliser l'entourage pour qu'il puisse les identifier si besoin.
La dépression prénatale existe et elle est encore trop peu dépistée. Même si la parole se libère sur le sujet, elle est encore pétrie de tabous. Alors que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, c’est un acte de protection. Pour soi et pour son bébé.
✒️ Comme le raconte Charlotte qui a témoigné sur la dépression prénatale, pour dire qu’elle s’en est sortie, notamment grâce à une prise en charge précoce au sein de sa maternité.
🫰 Son témoignage est à lire ici.
On te partage quelques pistes simples :
✔️ Dormir quand tu peux/veux (oui, même à 18h)
✔️ Parler de tes émotions sans les minimiser
✔️ Écrire ce que tu ressens
✔️ Réduire les sources de stress inutiles
✔️ Consulter un(e) sage-femme ou un(e) psychologue si besoin
Parfois, juste mettre des mots soulage déjà.
Si tu pleures plus que d’habitude, c’est peut-être le signe que ton corps et ton cœur sont en train de faire de la place à quelque chose d’immense. Peut-être l’expression d’un premier attachement, d’un premier lien avec ton bébé.
Et ça mérite douceur et surtout zéro jugement.