pleurer enceinte

Pourquoi je pleure tout le temps, enceinte ?

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Tu fonds en larmes juste comme ça, sans raison apparente, et tu te demandes si c’est “normal” de pleurer tout le temps enceinte. Alors, on te rassure : oui, c’est plutôt fréquent. D’ailleurs derrière tes larmes, il y a des mécanismes biologiques, psychiques et parfois même sociaux. Les comprendre, ça permet de mieux accepter et relativiser les émotions.

⭐ Les pleurs fréquents, enceinte : réponses express

  • Oui, pleurer souvent pendant la grossesse est courant.
  • Les hormones jouent un rôle majeur, surtout au premier trimestre.
  • La grossesse est aussi un bouleversement émotionnel profond.
  • Des pleurs constants associés à une grande détresse peuvent nécessiter un avis médical.
  • Tu n’es ni “trop sensible”, ni “faible” : tu traverses un changement majeur.


Les hormones : un vrai tsunami intérieur

Dès le début de ta grossesse, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone augmentent fortement, ce qui peut influencer ton humeur, ton sommeil et ta sensibilité émotionnelle.

Pourquoi ? Parce que les hormones sont connues pour modifier pas mal de choses dans le corps, notamment les neurotransmetteurs. Comme la sérotonine qui joue un rôle important dans la régulation de l’humeur.

Concrètement ? Tu peux passer du rire aux larmes en quelques minutes. Et ces montagnes russes émotionnelles, ce n’est pas “dans ta tête”, c’est d’abord biologique.

Et si le premier trimestre est souvent le plus intense, il arrive aussi que le tsunami émotionnel se prolonge. Certaines femmes ressentent même ces variations tout au long de la grossesse.


Une révolution psychique (sous-estimée)

La grossesse n’est pas seulement un événement physique, c’est aussi un bouleversement identitaire.

On en a parlé avec la psychiatre Sarah Tebeka qui nous a rappelé que "la grossesse est une période de grande vulnérabilité psychique", avec une réactivation possible d’émotions anciennes, de peurs, de souvenirs.

Devenir mère peut faire émerger :

  • La peur de ne pas se sentir à la hauteur des responsabilités à venir
  • Des inquiétudes financières
  • Des questionnements sur le couple
  • Des souvenirs de sa propre enfance

Pleurer, c'est permettre d’extérioriser et de laisser sortir ces doutes, ces peurs et cette transition intérieure.

🫰 Bliss tips au passage : on creuse le sujet des émotions durant la grossesse et comment les gérer avec Sarah Tebeka, psychiatre à l’hôpital Louis Mourier.

📺 Tu peux retrouver toutes ces vidéos dans notre guide maternité Bliss Bump.


Fatigue, charge mentale et pression sociale

On parle de la fatigue du premier trimestre mais on dit peu qu'on peut atteindre une fatigue extrême. Parfois, on se sent sans énergie, complètement "molle". On se traîne. Tout demande un effort monstre.

On le sait, le manque de sommeil et l’épuisement jouent sur l’hypersensibilité émotionnelle. C'est forcément plus dur d'encaisser et de relativiser quand on n'a pas dormi de la nuit.

Tu peux ajouter à ça :

  • les injonctions à être “rayonnante”
  • le silence autour des ambivalences maternelles
  • la pression à être reconnaissante d’être enceinte face à l’infertilité qui explose autour

Et tu obtiens un cocktail parfait pour pleurer… et parfois s’en cacher.

Pourtant, si tu ressens de la tristesse, tu n’es pas la seule. En France, on estime qu’environ 5 % à 15 % des femmes enceintes présentent des troubles anxieux au cours de la grossesse.*

Et si pleurer ne signifie pas forcément dépression (loin de là), il est important de ne pas ignorer une tristesse persistante, voire chronique.

🎧 On se souvient du témoignage de Laura dans l’épisode 109 de Bliss Stories, qui revient sans tabou sur la noirceur qui l’a envahie alors qu’elle était enceinte de son premier enfant, et comment elle en est sortie plus forte.

🎧 Et si le sujet de la santé mentale maternelle te questionne, on a tout une playlist dédiée.


Quand consulter ?

Dès que tu en ressens le besoin ou si tu observes certains signes :

  • les pleurs sont quotidiens et incontrôlables
  • tu te sens triste la majorité du temps
  • tu perds l’intérêt pour ce qui te faisait plaisir
  • tu as des pensées très négatives sur toi-même
  • tu ressens une anxiété envahissante

C'est important d'être vigilante à ces symptômes et de sensibiliser l'entourage pour qu'il puisse les identifier si besoin.

La dépression prénatale existe et elle est encore trop peu dépistée. Même si la parole se libère sur le sujet, elle est encore pétrie de tabous. Alors que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, c’est un acte de protection. Pour soi et pour son bébé.

✒️ Comme le raconte Charlotte qui a témoigné sur la dépression prénatale, pour dire qu’elle s’en est sortie, notamment grâce à une prise en charge précoce au sein de sa maternité.

🫰 Son témoignage est à lire ici.


Ce qui peut aider concrètement

On te partage quelques pistes simples :

✔️ Dormir quand tu peux/veux (oui, même à 18h)
✔️ Parler de tes émotions sans les minimiser
✔️ Écrire ce que tu ressens
✔️ Réduire les sources de stress inutiles
✔️ Consulter un(e) sage-femme ou un(e) psychologue si besoin

Parfois, juste mettre des mots soulage déjà.

👉 5 questions sur les pleurs enceinte, qu’on est nombreuses à se poser ?

  • Est-ce courant de pleurer tous les jours, enceinte ?
    Oui, surtout durant le premier trimestre. Les hormones et la fatigue jouent un rôle important. Mais si la tristesse est persistante ou si elle t’inquiète, alors n’hésite pas à demander un avis médical, c’est même recommandé.

  • Les pleurs peuvent-ils nuire au bébé ?
    Non. Tes émotions font partie de la vie et ne se répercutent pas sur le bébé. Mais là encore, dès lors qu’elles sont trop envahissantes, chroniques et/ou qu’elles t’empêchent de faire des choses qui habituellement te font plaisir, n’hésite pas à consulter.

  • Pourquoi je me sens plus sensible que d’habitude ?
    Les variations hormonales et le bouleversement psychique de la maternité modifient la régulation émotionnelle.

  • Est-ce que ça va passer ?
    Pour beaucoup de femmes, oui. L’équilibre émotionnel se stabilise au fil des semaines. Mais si la souffrance persiste, alors l’important est d’en parler.


Si tu pleures plus que d’habitude, c’est peut-être le signe que ton corps et ton cœur sont en train de faire de la place à quelque chose d’immense. Peut-être l’expression d’un premier attachement, d’un premier lien avec ton bébé.

Et ça mérite douceur et surtout zéro jugement.

Nous tenons à rappeler que Bliss est là pour éveiller les consciences et partager des connaissances mais en rien pour se substituer aux professionnels de santé qui restent tes meilleurs interlocuteurs. Si tu as le moindre doute sur ton état physique et/ou psychique, n'hésitez pas à demander un avis médical.
* source : Gynea

Article rédigé par Louise, rédactrice périnatalité pour Bliss

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