Co-parent, cheerleader de l'accouchement - Anne

Co-parent, cheerleader de l'accouchement - Anne

Le ou la co-parent a parfois l’impression de se sentir impuissant.e et inutile à l’accouchement. Pourtant il ou elle a un énorme rôle à jouer le jour J en apportant soutien, réconfort, écoute, bienveillance et amour. Anne, elle, a carrément vu son fiancé se transformer en cheerleader dans la salle d’accouchement. 

“Je m’appelle Anne, j’ai 37 ans.  
Je viens de Nantes mais je vis actuellement dans la campagne irlandaise. J’enseigne le français. 
Ma famille est composée de Liam, mon fiancé, d’Éireann (3 ans et demi) et d’Órlaith (1 an et demi). 

J’ai rencontré Liam en 2014, à Vancouver, au Canada, où j’étais expatriée pour enseigner durant un an le français à l’université de SFU. Il est arrivé avec son accent irlandais et son sourire charmeur. J’ai résisté quelque temps mais j’ai fini par succomber à son charme. 

 

 

En 2020, j’arrête la pilule et je tombe enceinte tout de suite ! Nous sommes au mois de février et c'est le début de la Covid. En Colombie-Britannique, où nous vivons alors, il n’y a pas de confinement mais chacun garde ses distances et je commence à donner mes cours en ligne. Les rendez-vous médicaux se font souvent par téléphone, ce qui n’est pas évident, je trouve, pour une première grossesse. Du coup, pour compenser, j’écoute des podcasts comme Bliss Stories et je regarde des émissions spécialisées sur la parentalité.  

À cette période, nous voyageons beaucoup avec Liam à travers le pays et les paysages canadiens sont encore plus idylliques sans les touristes. On se sent seuls au monde avec notre petit secret. C’est l’une des meilleures périodes de notre vie et la pandémie n'a pas gâché notre bliss. 

 

Liam est à fond et me répète : “keep pushing ! 

 

Pour mon premier enfant, j’ai pour projet d’essayer un accouchement naturel sans péridural. Le jour J, alors que mes contractions sont régulières, j’appelle l’hôpital et on me conseille de venir. Malheureusement, mon col n’est pas assez dilaté (en-dessous de 3 cm, on ne peut pas m’admettre) et on me renvoie à la maison... Là, je perds un peu le contrôle et je panique alors, avant de rentrer chez moi, j’accepte une mini dose de morphine, en espérant dormir. Il est 5h du matin, je suis de retour à la maison et je ne réussis pas à dormir. Heureusement, le même jour, j’ai un check-up chez mon médecin et j’espère avoir plus d’informations sur la progression du travail. Tout de suite, il me confirme que je suis “en travail” et que j’ai de grandes chances d’accoucher aujourd’hui. Il opère un décollement des membranes qui déclenche laccélération de mes contractions, à tel point que j’ai même eu du mal à rester assise dans la voiture pour rentrer chez moi. Une heure plus tard, avec Liam, on est de retour à l’hôpital. Je suis examinée par une sage-femme qui trouve que le travail n’a pas beaucoup progressé et elle est prête à nous renvoyer chez nous une nouvelle fois... Cest là que Liam commence à prendre les choses en mains. Il me défend, explique que j’ai vraiment des contractions plus fortes et qu’à chaque nouvelle contraction je dois m’accrocher à lui pour la supporter. Je consens à un nouveau toucher vaginal qui confirme finalement un col dilaté à 6 cm ! Je suis admise ! Mais plutôt déstabilisée et moins confiante en mes capacités à gérer la douleur... Je finis par demander une épidurale.  

 

 

Pendant le travail, je suis accompagnée par une infirmière. Là-bas, le protocole veut que si on est suivie par un médecin, ce qui est mon cas, c’est une infirmière et non une sage-femme qui est présente jusqu’à ce que la tête du bébé se présente, ensuite c’est le médecin qui prend le relais pour aider la femme à accoucher. Au moment de pousser, je me concentre sur Liam. Il est à fond et me répète : keep pushing”, “you are doing amazing” “I can see the head !. C’est à ce moment que l’infirmière me demande d'arrêter de pousser pour qu'elle puisse appeler le médecin qui doit être présent pour la suite. Sauf qu‘elle n‘a pas prévu que le bébé arrive aussi vite... Je regarde Liam, je lui dis que le bébé glisse, que je ne peux pas arrêter de pousser et que le bébé arrive ! Liam sent la panique de l’infirmière monter alors il lui lance un réconfortant you can do it et devient en 4 mots le cheerleader de la salle d’accouchement ! 

 

 

Je n’ai pas mal vécu mon premier accouchement mais très vite j’ai ce sentiment que j’ai beaucoup attendu qu’on me dise ce que je devais faire sans avoir le contrôle sur mes choix. Et même si j’ai eu confiance en l’équipe médicale, j'ai envie de vivre le deuxième accouchement différemment. C’est que je décide d’être suivie par une sage-femme francophone qui auparavant était doula. Je pratique aussi de l’hypnobirthing qui combine respiration, affirmations positives, aromathérapie et visualisation. Pendant cette deuxième grossesse, je me documente aussi sur l’aspect physiologique d’un accouchement, sur comment gérer les contractions et aussi sur les choix dont je dispose pour la naissance, ce qui m’aide à rédiger un projet de naissance très détaillé. Je reste souple sur ce projet évidemment car je sais que les imprévus existent ! Je parle aussi de toutes mes lectures à Liam, sans être persuadée qu’il m’écoute toujours (lol) mais il faut croire que si puisque, le jour de l’accouchement, il va se montrer le partenaire le plus impliqué au monde ! 

 
Liam va respirer avec moi pendant les 6 heures de travail 

 

Le jour de l’accouchement, je suis admise dans une chambre qui deviendra la mienne durant tout le séjour. Avec Liam, on se crée notre cocon, on ferme les rideaux, on installe des bougies et des guirlandes, on met des photos de notre première fille et on lance ma playlist d’hypnobithing. Liam respire chaque contraction avec moi, me rappelle de relaxer mes épaules, me souffle à l’oreille les affirmations positives que j’avais écoutées durant toute la grossesse. Quand je pense flancher, Liam me rappelle que je peux le faire. Au moment de la poussée, il reste à mes côtés pour m’encourager et comme il voit le travail avancer, grâce à un miroir géant, il a les mots justes pour me coacher et me dire que j’y suis presque. Tout du long, Liam va être mon point de repère, il va respirer avec moi pendant les 6 heures de travail, à tel point que j’ai vraiment l’impression qu’on a accouché ensemble ! 

 

 

Liam a toujours voulu être père et bien que je sois celle qui a donné la vie à nos filles, on considère qu’élever nos enfants au quotidien est notre responsabilité commune. C’est une des raisons qui nous a poussés à quitter le Canada, des emplois stables et notre vie citadine pour une nouvelle aventure un peu folle : rénover un cottage centenaire dans la campagne irlandaise et devenir self-sufficient (autosuffisance, ndlr) grâce à des panneaux solaires et un potager cultivé sur nos 5000 mètres carrés de terrain. Liam fait 90% des travaux et, en attendant de pouvoir y vivre, nous logeons dans un mobil-home sans électricité mais avec un accès à l’eau. Sur le papier, ça peut faire peur mais je crois qu’avec Liam à mes côtés je n’ai peur de rien ! En fait on aspire juste à vivre plus simplement et à avoir une vraie vie de famille où nous pouvons être avec nos enfants plus que quelques heures le soir et les week-ends. Voir Liam aussi impliqué me rend encore plus amoureuse. D’ailleurs on attend un troisième bébé qui naîtra cet été ! "

 

 

Le tips d’Anne 

Avoir confiance en soi pour ne pas être passive pendant l’accouchement 

 
La pensée freestyle d’Anne  

Carpe diem a toujours été mon mantra. En quittant la France, j’aspirais à pouvoir lâcher prise plus facilement, à sortir de ma zone de confort. En rencontrant Liam, j’ai vécu des expériences folles et j’espère que cela va continuer ! 

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Si ce témoignage place pere t’a éclairée ou aidée, et que tu aimerais toi aussi nous partager ton histoire pour transmettre, à ton tour, ton expérience de la maternité et ton savoir, écris-nous ! 

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