La grande déception d’attendre un garçon - Laure

Quand Laure apprend qu’elle attend un deuxième garçon, une grande déception l’envahit, suivie d’une toute aussi lourde culpabilitéPourquoi est-elle si triste de ne pas attendre une fille ? Laure raconte ce qu’on appelle la “dépression du genre", ce tabou encore rarement nommé qui plonge certaines (futures) mères dans une profonde déprime, et le chemin parcourpour renouer avec son bébé… jusqu’à cet accouchement aussi puissant que réparateur. 


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" Je m'appelle Laure, j'ai 41 ans. 
Je suis kiné en région lyonnaise. 
Ma famille est composée de Fred, mon chéri, et de nos trois enfants : deux garçons de 7 et 3 ans et notre petite dernière de 8 mois. 

Plus jeune, je n'avais pas une grande estime de moi et j’ai vécu des expériences sentimentales pas très sérieuses durant ma vie étudiante, ce qui ne m'a pas vraiment laissé penser que j'allais vite trouver un mec et lui plaire. Donc pendant longtemps, la maternité, c'était plus un fantasme qu'un projet accessible pour moi.

🔸 2014. 

J'ai 30 ans et je me sens libre, je peux travailler  je veux. Après deux ans à La Réunion, je décide de m'installer à Lyon, plutôt que dans ma région d'origine, La  Normandie. Je suis attirée par la proximité de la montagne et les atouts d'une grande ville ! Je décide d'y prendre un appart et de m’y installer.

🔸 Juillet 2015. 

Je fais des rencontres mais rien de très sérieux... J'ai envie d'essayer les applis de rencontre et je m'inscris sur l’une d’elles. C'est là que je rencontre Fred.
Dans sa description, le gars écrit : 
"Si tu veux la maison de campagne avec les trois enfants et le chien, tu peux passer ton chemin !"  

Ça me fait sourire aujourd’hui : force est de constater qu'aujourd'hui, il ne nous manque que le chien.... 😆

Je le mets dans mon panier d’une fameuse appli de rencontre. Il accepte...

Après notre rencontre, je suis un peu sceptique. Il semble presque “parfait” et ça semble être une telle évidence que je me dis presque que c'est trop beau pour être vrai. Entre nous, c'est très fluide. 

Les semaines et les mois passent et on reste ensemble. Alors je commence à me dire que ça en vaut la peine et que je dois compter à ses yeux.  

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Au-delà
 de nos valeurs communes et de nos familles assez similaires, il
 est droit, honnête et tendre. Il me surprend par ses attentions et sa bienveillance au quotidien. Je vois que c’est dans sa nature et je sais combien c’est précieux. Bon, il se prend parfois un peu trop au sérieux, là où moi je suis plus légère, déconneuse, second degrés (j'ai passé pas mal d'années en Belgique pour mes études, ça doit aider). Bref, on se complète parfaitement, on finit les phrases de l'autre et l'évidence de faire famille avec lui s'impose vite à moi. 

 

“ J'ai 33 ans, c'est bon, j'ai envie de construire ma vie et surtout c'est avec lui que le désir d'enfant se réveille franchement !  

 
🔸 Septembre 2017. 

Lui, je sais qu’il n’est pas pressé, il veut encore profiter de cette vie à deux. Moi, je suis maintenant archi prête. J'ai beaucoup fait la fête et voyagé pendant mes années d'études, j’ai assez profité. Là, j'ai 33 ans, c'est bon, j'ai envie de construire ma vie et surtout c'est avec lui que le désir d'enfant se réveille franchement ! 

Alors, comme pour toutes les grandes décisions de notre vie, je lui écris une lettre. 

J'ai toujours eu du mal à m'exprimer clairement, les émotions prenant trop souvent le dessus. J'ai donc pris cette habitude, pour les décisions importantes, de mettre mes désirs profonds, mes craintes et mes interrogations par écrit. 

Dans cette lettre, je lui dis :  
“Moi, je suis prête, j'aimerais arrêter la pilule, si t'es pas prêt, à toi de gérer la contraception !" Je lui dis aussi que ce désir est profond en moi, qu’il n’y a jamais de bon moment et que je sais qu’il sera un père merveilleux.

J’ai dû être persuasive, car il accepte et on se lance ! 


🔸 Janvier 2018.
 

Au bout de quatre mois sans contraception et cinquante tests négatifs (je les fais beaucoup trop tôt à chaque cycle tellement je suis impatiente !) je fais un nouveau test tôt un matin, vers 6h, et je vois deux barres très légèrement apparaître... Je ne sens plus mes jambes... Avant de le dire à Fred, je veux en être sûre. Prise de sang dans la matinée et résultat : positif !!  

Je découvre que j’attends un garçon. Je ne ressens pas de joie particulière, mais pas de déception non plus. (...) on sait qu'on fera un autre bébé, donc j'ai encore "toutes mes chances" d’avoir une fille !

🔸 Avril. 

Lors d’une écho de contrôle, je découvre que j’attends un garçon. Je ne ressens pas de joie particulière, mais pas de déception non plus. Je suis tout de suite dans la projection : ce sera un "mini-fred", c'est cool. Et puis je me dis que c'est chouette d'avoir un garçon en premier et mes parents seront contents, ce sera leur premier petit-fils (mes deux frères ayant chacun eu deux filles). Et surtout, on sait qu'on fera un autre bébé, donc j'ai encore "toutes mes chances" d’avoir une fille !  

Pour Fred, le sexe du bébé n’est pas un sujet. 

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🔸 Octobre. 

Je m'investis totalement dans cette première grossesse, je me sens bien et heureuse, même si je n'ai pas vraiment envie de passer par la case accouchement. Notre bébé est prévu pour le 12 (jour de mes 34 ans) mais il se fait attendre et j’entame le processus de déclenchement à la maternité. 


🔸 16 octobre. 

L'attente commence à être longue et les différents déclenchements, plutôt soft, n'entraînent aucune contraction. Je suis fatiguée d'attendre, j'en ai marre, je veux qu'il arriveÀ 16h, toujours pas de contraction, on part en césarienne et je suis enfin soulagée. A posteriori, je pense que mon corps a tout bloqué, car je voulais une césarienne. Je crois que, j'étais mal préparée et je ne voulais pas me confronter à la douloureuse puissance de la naissance par voie basse. 

Lucas arrive. Il est beau, petit, parfait. La première tétée est magique, il chope tout de suite le sein, c'est le bliss, je n'arrive pas à croire qu'on a créé un petit être si parfait !

 

Cette prochaine grossesse, c'est donc, en théorie, ma dernière chance d'avoir une fille ! ”  


🔸 Décembre 2021. 

Nous voulons deux enfants avec peu d’écart. Comme j’aimerais vraiment avoir une fille, je me renseigne sur des méthodes qui “agiraient” sur le sexe du bébé. Avec Fred, on idéalise la famille avec deux enfants et, au fond de moi, je ne me vois pas maman de plus d'enfants. J'aime mon confort, ma solitude parfois et, deux enfants, c'est déjà pas mal ! Cette prochaine grossesse, c'est donc, en théorie, ma dernière chance d'avoir une fille ! 

Je navigue sur certains groupes en ligne qui parlent de "régime fille" de "méthode cosmique lunaire". Je me dis qu'il y a à prendre et à laisser mais bon, pourquoi pas tester de manger un peu plus de produits laitiers tant que ça ne contraint pas trop mon quotidien. Du coup, je jongle avec tout ça, je prends quelques compléments alimentaires et je fais un peu attention à “privilégier les rapports à distance de l'ovulation (on dit qu’une fécondation à distance de l’ovulation donne plus de chances d’avoir une fille). 

Sauf que je tarde à retomber enceinte. Ça fait déjà un an qu’on essaie et je commence à m'inquiéter. Je finis par consulter un gynéco : tout va bien. Et c'est là que je tombe sur un ostéo à Pérouges, pas loin de chez nous, qui est spécialisé en fertilité. Techniquement, tout fonctionne, mais mon utérus est comme bloqué (peut-être à cause de la césarienne). Il me manipule et relâche certaines tensions.  

Hasard ou pas, le mois suivant, mes règles sont presque hémorragiques et je tombe enceinte quinze jours plus tard, quasiment à la même date que pour mon aî... 

 

 Je fais bonne figure, mais tout mon monde intérieur s'écroule. Je suis effondrée d’attendre un deuxième garçon.  


🔸 Janvier 2022.
 

Je suis à la fois ravie que ça arrive après des mois d'attente mais aussi un peu perturbée : je n'ai rien contrôlé de cette fécondation... ai-je réussi à fabriquer une fille ? Je choisis de faire confiance au destin et je vois des signes” un peu partout... Bref je me fais mon petit film, quoi (comme si les enfants, c'était à la commande !) 


🔸 Avril.
 

Arrive le jour de l’écho 2. Je suis un peu stressée. Au-delà de savoir si tout va bien, je sais qu'il y a de grandes chances que ce soit aujourd'hui que l'échographe nous dise le sexe du bébé... Et après avoir passé en revue tout son petit corps et constaté que tout va bien, l’échographiste nous dit : "Et voici le costume trois pièces, il n'y a pas de doute possible !". 

Douche froide. 

Je fais bonne figure, mais tout mon monde intérieur s'écroule. Je suis effondrée et Fred ne sait pas trop comment me réconforter. En vrai, aucun de nous deux ne s'attendait à une telle réaction de ma part. 

 

Je m'aperçois que je suis loin d'être la seule à vivre ça et que chacune a ses raisons, qu'elle en soit à son premier enfant ou non. 

 

 Il me faut quelques jours pour "encaisser" la nouvelle et m'en remettre. Je rejoins assez vite un groupe anglais en ligne qui réunit des mamans qui ont vécu la même chose que moi : "the gender disappointment" littéralement "la déception du genre" et là je m'aperçois que je suis loin d'être la seule à vivre ça et que chacune a ses raisons, qu'elle en soit à son premier enfant ou non.  

Ça m'aide de lire les témoignages de ces femmes. Le discours est à chaque fois le même : "on aime nos garçons plus que tout au monde, mais il reste un manque de ne pas connaître cette relation mère-fille, si particulière". 

Les jours qui suivent l'échographie, je ne suis plus du tout dans ma zone de confort. J’en viens même à penser à avorter. Je ne l’envisage pas vraiment, mais je me sens piégée dans une situation  je ne peux plus revenir en arrière et, comme on ne veut que deux enfants, je dois faire le deuil de ce désir d'avoir une petite fille. 

 

Je me sens coupable d'avoir une réaction aussi intense parce que mon bébé est en bonne santé et que ce que je ressens peut sembler tellement futile et tellement égoïste. “ 

 

Très vite après cette phase de déception, la culpabilité s'installe. Elle prend énormément de place à la fin de ma grossesse. Je me sens coupable d'avoir une réaction aussi intense, moi qui suis d'habitude plutôt pondérée. Je me sens coupable parce que mon bébé est en bonne santé et que ce que je ressens peut sembler tellement futile et tellement égoïste. Je me répète que je devrais m’estimer “heureuse” d’être enceinte. Combien de couples n'arrivent pas à avoir d’enfant ? Et moi, je me suis là à me plaindre d’attendre un deuxième garçon... Je me sens coupable vis-à-vis d’eux. Et surtout je me sens coupable vis-à-vis de mon bébé.  

Après l’écho et durant plus de deux mois, je mets de la distance entre mon bébé et moi : je ne lui parle plus, je ne fais plus vraiment attention à ce que je mange, je le laisse complètement de côté. Malgré tout, mon bébé continue à bien se porter. Il bouge beaucoup dans mon ventre, comme s’il "s'accrochait", comme s’il me disait qu’il était là, quoi qu’il arrive. 

Puis, petit à petit, j’entre dans une forme de résilience et je me remets à lui parler, à m'excuser, à lui expliquer en long et en large que ce n'est pas lui que je veux rejeter. Que le vrai combat, c’est avec moi-même, pour accepter que je n’aurai jamais de fille. 

🔸 Septembre 2022. 

Une amie m'envoie le lien d'un stage pour femmes enceintes dans la Drôme, en mode yoga, cercle de femmes et petits plats végétariens, je me dis go, c'est pour moi. Je pars là-bas à huit mois de grossesse et je vis quatre jours extraordinaires que chaque femme enceinte devrait pouvoir connaître ! Au-delà de la sororité que je découvre, j'en apprends énormément sur l'accouchement physiologique. Après cette parenthèse, je ne suis plus la même. Je suis regonflée à bloc et bourrée de confiance. Je suis prête à accueillir ce deuxième petit gars et à lui prouver que, même si j'ai déconné pendant la grossesse, là, je suis prête à me rattraper, en mode accouchement naturel si possible ! 

 

 D'où me vient cette déception du genre, si brutale, si viscérale. En fait, c’est très dépendant de l’histoire et du passé de chacune.  

 

Et puis, en parallèle de cette déprime, je consulte une psychologue spécialisée dans le transgénérationnel et je commence à comprendre d' me vient cette déception du genre, si brutale, si viscérale. En fait, c’est très dépendant de l’histoire et du passé de chacune. 

Me concernant, il y a plusieurs choses qui ont certainement joué sur cette envie d'avoir une fille. Enfant, ayant deux grands frères très rapprochés et complices, j'ai souvent joué seule et j'ai rêvé d’avoir une sœur à qui me confier, avec qui partager mes jeux. J'étais aussi la préférée de ma grand-mère paternelle qui nous a toujours dit avoir voulu une fille, mais elle n'a pas pu avoir d'autres enfants après mon père, fils unique. J'étais comme son petit miracle après mes deux grands frères. Quant à ma grand-mère maternelle, elle a eu quatre filles et un garçon, à qui elle a toujours porté moins de considération. Je pense qu’inconsciemment, ces histoires ont infusé en moi l’idée que : un garçon, c'est bien ; mais une fille, c'est mieux ! 

Et puis, à ce moment-là, je n'ai aucun modèle autour de moi de famille avec uniquement des garçons. Tous mes amis font des filles ! Mes frères aussi :  deux filles, chacun ! Et je les trouve toutes aussi mignonnes et incroyables les unes que les autres... J’ai du mal à me projeter dans ce schéma-là : une famille de garçons. Mais ce travail d’introspection m'aide à accepter la situation.  

 

On m'encourage à me projeter complètement avec cette petite fille, à l'imaginer, à lui parler, à lui dire que, même si on ne se rencontre pas, je la remercie d'avoir un peu exister dans ma tête.  

 

Je fais aussi une séance d'hypnose qui me fait particulièrement du bien. On m'encourage à ne pas refuser ce que je ressens, à me projeter complètement avec cette petite fille, à l'imaginer, à lui parler, à lui dire que, même si on ne se rencontre pas, je la remercie d'avoir un peu exister dans ma tête. Ça me fait du bien car, au lieu de chasser cette pensée en me disant "stop, ce n'est pas pour toi", je m'autorise à vivre un peu cette relation imaginaire et réconfortante. 

🔸 8 octobre 2023. 
04h00 du mat’. 
Je suis sous la douche, le chaud me fait du bien et je commence à ressentir l'intensité des contractions. Dans la voiture, je vocalise beaucoup, les contractions se rapprochent, les nombreux dos d'ânes sont une torture !  

06h30. 
On arrive en salle d'examen, mon col est ouvert à 2 cm, wooow, ça va être dur de tenir jusqu'à 10 avec cette intensité. Mais je suis motivée et je suis les tips de mon stage de yoga : j'accueille les vagues, je me concentre sur ma respiration, je serre très fort un peigne en bois dans une main pour détourner la douleur (et ça marche très bien). Avec l’autre, je broie la main de Fred ! 

Jamais je n'aurais pu continuer sans son soutien, sa force tranquille et sa confiance en moi. Cet accouchement, on le vit vraiment à deux. 

Go dans la salle nature avec baignoire, tapis au sol, lumière tamisée, lianes pour me suspendre et gros ballon pour reposer mon corps entre deux contractions.  

Je finis à quatre pattes et, quelques minutes plus tard, je sens cette envie irrépressible de pousser : il est là, il descend vite. C'est puissant. C'est douloureux, mais les hormones me masquent presque cette douleur pour m'emmener ailleurs. Je suis complètement déconnectée du monde, mais je suis mon corps qui me dicte comment me positionner. Je pousse des sons et des cris d’animal. Je suis en connexion parfaite avec mon bébé. Fred est face à moi. Je suis accroupie. La sage-femme est dans mon dos pour attraper mon bébé.  

08h50.
Naël naît après quelques poussées. Je le prends et le mets sur mon ventre pour qu'il monte vers sa première tétée. Il me fixe droit dans les yeux en tétant de toutes ses forces, comme pour me faire comprendre qu'il est là et qu'il compte bien y rester, et que tout va bien se passer. 

Une puissance extraordinaire m'envahit : "j'ai accouché sans péridurale en deux heures, maintenant je peux tout affronter dans la vie !" 

En effet, lors de sa naissance, tous ces sentiments négatifs que j’avais se sont évaporés. J’ai instantanément senti cette connexion particulière et tellement forte avec lui. Quelle puissance, quelle magie, quel amour infini pour ce bébé ! 

Les premiers mois, c'est un bébé "babi" aux besoins intenses. Encore aujourd'hui, Naël a besoin de beaucoup de contact physique et de réassurance. On a développé une relation assez fusionnelle. Je ne manque pas une occasion de lui dire qu'il est profondément un enfant aimé et désiré. 

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🔸 Novembre 2023. 

Je tombe accidentellement enceinte. En découvrant le résultat du test, je sens comme une énorme lourdeur qui s'installe dans ma poitrine. Avoir trois enfants, ça me semble vertigineux, envahissant, bref TROP pour moi qui suis de nature calme et plutôt solitaire. 

Avec Fred, il nous faut presque deux mois et de longues heures de discussion et de réflexion pour décider, à deux, d’interrompre cette troisième grossesse.  

Le contexte est trop défavorable : Naël n'a que 13 mois, on flippe de tout gâcher, on craint que notre couple n'y résiste pas. C'est la décision à prendre la plus dure de ma vie mais, je le sais, ce n'est pas le (bon) moment.  

Je sais aussi que cette grossesse n’est pas arrivée par hasard, elle ravive en moi un désir d’enfant. Sauf que j’ai besoin de préparer une éventuelle nouvelle grossesse, et surtout un éventuel troisième garçon (n'ayant toujours pas trouvé la formule magique pour une fille !) Je travaille sur moi (énergéticien, ostéopathe, reiki). 

🔸 Juillet.  

Je tombe enceinte et, cette fois, je sais immédiatement que je veux le garder. Bizarrement, je me suis tellement préparée à ce que ce soit un troisième garçon que la nouvelle me réjouis mais me déstabilise en même temps. Je n'arrive pas à réaliser !Je vais avoir une fille ! Je l'ai tellement rêvée, imaginée, fantasmée que ça me semble irréel ! 

🔸 Avril 2025. 

Notre Chloé naît au début du printemps, comme pour redémarrer un nouveau cycle, un chapitre qui s'écrit maintenant à cinq, avec cette plénitude et cette sensation d'être enfin "au complet. J'ai, sans le vouloir, reproduit le schéma familial : deux garçons puis une fille, sans doute un clin d'œil du destin.  

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Les 
tips de Laure
 

  • Accepter de ne plus tout contrôler car, dans la vie, on ne choisit pas forcément ce qui nous arrive.
  • Croire en une forme de destin : rien n'arrive par hasard.
  • Toujours écouter sa petite voix intérieure et suivre son instinct : je ne me serais jamais imaginée mère de trois enfants et pourtant !
  • S'entourer de personnes bienveillantes et non dans le jugement, car cela reste tabou d'en parler ouvertement.
  • Ne pas mettre ses ressentis sous le tapis et en parler, se faire aider si l'on sent que ça prend une place trop importante.
  • Avoir un peigne en bois ou à picot pour gérer la douleur de l'accouchement. 


La pensée freestyle de Laure 
 

Je suis reconnaissante envers le destin, la chance ou quoi que ce soit qui m'a permis de vivre tout ça.
J'espère que mon histoire pourra aider certaines mamans à décomplexer et à oser parler de cette facette taboue de la maternité.


Témoignage recueilli par Manon Provost, responsable éditoriale Short Stories.

 

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