Une seconde grossesse pour devenir la mère qu’on voulait être – Marion from la Team Bliss

Une seconde grossesse pour devenir la mère qu’on voulait être – Marion from la Team Bliss

Marion de la Team Bliss nous partage les difficultés rencontrées pour vivre sa seconde grossesse jusqu’à son terme et comment ce cheminement pour avoir ce deuxième bébé l’a complètement transformée et lui a permis de devenir la mère qu’elle souhaitait être pour ses filles. 

“Je m'appelle Marion, j’ai 35 ans. 
Je vis à Marseille. Je suis Responsable des Partenariats et des Événements chez Bliss. 
Ma famille est composée de mon mari, Maxime, et de nos 2 filles, Pia et Gloria. 

Alors que j’avais 2 ans et demi, j'ai survécu à un grave accident domestique où j’ai été brûlée au troisième degré sur une grande partie du corps. Ces cicatrices, je les porte à vie mais elles ont indéniablement contribué à ma force de caractère. Mon accident a eu un impact très fort sur le lien qui s’est construit durant cette épreuve avec ma mère. Aujourd’hui encore, notre relation est très fusionnelle. C’est une maman très protectrice et dévouée à ses enfants.  

Plus jeune, je n'ai jamais été très attirée par les enfants, j’ai d’ailleurs longtemps aimé mon statut de petite dernière, choyée. Je savais que j’en voudrais un jour mais je n’étais pas pressée et je n’avais alors aucune idée de la mère que j’allais devenir. Et puis j’ai toujours été admirative de l’instinct maternel de ma mère et il me semblait impossible de devenir une aussi bonne mère qu’elle, alors même qu'elle avait vécu une terrible épreuve en tant que maman...  

J’ai rencontré mon amoureux Maxime au travail, il y a 12 ans ! J'étais nouvelle stagiaire dans une grande agence de pub parisienne. Lui, déjà en poste, en me croisant dans un couloir le premier jour de mon arrivée, a lancé un "faux" pot de bienvenue pour les nouveaux. J’ai découvert quelques mois plus tard que c'était un prétexte pour pouvoir me parler. Nous nous sommes mariés trois ans après notre premier baiser... 


Après avoir voyagé et profité de la vie à deux, nous étions prêts à nous lancer dans un projet bébé ! J’ai eu la chance de tomber enceinte rapidement après l’arrêt de la pilule, dès le deuxième mois. Nous étions très heureux ! La grossesse, en revanche, ce n’est pas ce que j’ai préférée : douleurs ligamentaires, extrême fatigue et surtout des vomissements 10 à 20 fois par jour pendant des mois ! À l’époque, je travaillais en agence de pub où je faisais des nocturnes jusqu’à minuit, ce qui rendait mon état très dur à cacher ! Et puis le troisième trimestre ne s’est pas très bien passé. Surmenée, j’ai été arrêtée car notre bébé ne grossissait plus assez dans mon ventre et j’ai finalement été déclenchée deux semaines avant le terme. L’accouchement, en revanche, s’est très bien passé : en 9 heures de temps, le rêve, j’ai adoré ! J’appréhendais ce moment, bien sûr, parce que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre mais j’ai eu confiance en le personnel médical qui m’entourait. Après la pause de la bandelette d’ocytocine, j’ai eu 3 heures de contractions très douloureuses, en continu, mais une fois la péridurale posée, le travail s’est accéléré et notre petite Pia est vite arrivée. Elle est sortie toute propre, toute jolie, une merveille !

Maxime a tout de suite épousé son rôle de père. Il était comme un poisson dans l’eau avec Pia. Moi, je me trouvais “gauche” dans mes gestes et très mécanique. Ce n’était pas inné. Je me rappelle que je n’osais pas lui faire de bisous alors que je voyais notre famille lui en faire. C’est étrange, mais ça me gênait vis-à-vis d’elle. J’avais le sentiment qu’il fallait apprendre à se découvrir l’une et l’autre, avant de pouvoir avoir ce geste d’amour. Comme si j’avais besoin de son consentement, à elle, avant de l’embrasser. 

Je me suis vite retrouvée seule à la maison avec Pia. Elle pleurait beaucoup, ne dormait quasiment pas et mangeait peu. Au bout d’un mois, je me suis écoutée, je me suis fait confiance et j’ai suivi mon instinct qui me disait que quelque chose n’allait pas... Verdict : elle avait un reflux gastro-œsophagien, aka un RGO, terme dont je n’avais jamais entendu parler. En fait, chaque repas lui brûlait l’œsophage ce qui provoquait chez elle une sensation d’inconfort, notamment dans la position allongée. Un traitement a immédiatement été mis en place et rapidement Pia allait mieux. 

Longtemps, j’ai eu besoin que les autres valident mon rôle de mère.

Avec le recul, j’ai compris que j’ai longtemps attendu l’approbation de mes proches pour me dire que j’agissais bien avec ma fille, j’avais besoin qu’on valide mon rôle de mère. J'ai compris bien plus tard que c’était à moi seule d’être plus indulgente avec moi-même et ma nouvelle vie de mère. Finalement, j’ai construit ma relation avec Pia au fur et à mesure. Et puis notre complicité a grandi et notre connaissance l’une de l’autre aussi. Plus les jours passaient, plus mon amour pour elle grandissait. Et pour être honnête, je peux confier que je ne suis pas devenue mère à la seconde où elle est née mais grâce au temps que j’ai passé à ses côtés. 

C’est quinze mois après sa naissance que je suis tombée à nouveau enceinte. Avec Maxime, nous étions très heureux de cette nouvelle. Malheureusement, au cours du premier trimestre, nous avons appris que j’étais porteuse du CMV, un virus qui est anodin pour l’adulte et l’enfant (souvent présent chez les enfants de moins de 3 ans vivant en collectivité) mais qui peut avoir de lourdes conséquences pour le fœtus lorsqu’il est contracté au cours de la grossesse. Comme pour le RGO, je n'en avais jamais entendu parler mais le corps médical nous a vite fait comprendre que la grossesse pouvait ne pas arriver à son terme et que les séquelles sur la santé de l'enfant pouvaient être dramatiques. Avec Maxime, on a décidé ensemble d’interrompre la grossesse alors même que je n’avais jamais considéré l’avortement comme un choix qu’on fait quand on est avec la personne qu’on aime et que l’enfant qu’on attend est désiré... Au final, l'intervention n’a pas pu avoir lieu tout de suite mais deux semaines plus tard... Deux semaines durant lesquelles j’ai continué de vomir et de subir les maux d’une grossesse. Ça a été terrible pour moi de porter la vie en sachant que cela allait s’arrêter. De son côté, Maxime a fait son deuil très rapidement, dès l'annonce des résultats qui confirmaient la présence du virus. À ce moment-là, il y a eu de l’incompréhension au sein de notre couple sur ce que nous vivions car l'un et l'autre ne le traversions pas au même rythme. 

Après cette épreuve de l’IMG, avoir un second enfant est devenu une idée fixe pour moi. Je ne pensais qu’à ça. Comme pour beaucoup de femmes qui rencontrent des difficultés à avoir un bébé, je ne voulais rien lâcher tant qu'on n’y arrivait pas, peu importe les vomissements intempestifs, les pertes de sang, les douleurs physiques, les souffrances psychologiques et les fausses couches. J'en ai vécu deux. L’une à 11 semaines de grossesse où j’ai dû avoir recours trois fois à la méthode médicamenteuse avant de devoir subir une intervention chirurgicale car tout ne partait pas. Au total, ça a duré trois semaines... trois semaines interminables. C'est là que Maxime m’a demandé de faire une pause dans notre projet bébé. Il voyait que je souffrais physiquement et psychologiquement. Lui aussi souffrait. Il avait besoin qu’on se retrouve tous les deux, qu’on préserve notre couple. Je l’ai écouté, je savais qu’il avait raison même si, au fond de moi, il m’était impossible de penser à autre chose. J’ai traversé des épreuves difficiles dans ma vie, mais celle-là a été la pire pour moi car je n’avais aucun contrôle. Je ne décidais de rien. Je subissais ce que mon corps m’autorisait ou pas. Et puis je suis retombée enceinte à nouveau et j’ai à nouveau fait une fausse couche à 6 semaines de grossesse, mais cette fois tout a été évacué naturellement. Cette deuxième fausse couche, je l’ai mieux vécue car nous étions au début du confinement, c’était donc plus facile à “cacher” à notre entourage et au travail. Je n’ai pas eu à subir le regard désolé des gens. Ensuite je n'ai pas laissé passer de cycle (un peu têtue comme fille) et je suis retombée enceinte pour la quatrième fois en un an. Mais à 10 semaines de grossesse, quand j’ai commencé à nouveau à perdre du sang, je me suis écroulée dans la salle de bain, j’étais désespérée. J’avais le sentiment qu’on ne parviendrait jamais à avoir ce second enfant... C’est là que j’ai d’autant plus réalisé la chance que nous avions eu pour ma première grossesse et la chance que nous avions d’avoir déjà une enfant si merveilleuse, douce, empathique et en bonne santé.  

Ce jour-là, défaitiste, je suis allée aux urgences pour faire une échographie de mon ventre. Et là, j'ai vu qu'il y avait encore un rythme cardiaque, le cœur de notre bébé continuait de battre. Je me rappelle ce poids qui s’est envolé, je me souviens avoir pleuré de soulagement et de n’avoir qu’une hâte, celle de retrouver mon amoureux et ma fille pour les serrer dans mes bras. Le médecin a décidé de m’arrêter jusqu’à la fin de ma grossesse, les risques étaient trop grands au vu de mon passif. Je me suis donc retrouvée à couver et à m’occuper à plein temps de ma petite fille de 2 ans et demi. Cette période hors du temps a été une bulle de bonheur. J’ai eu la chance de profiter de Pia à un âge extraordinaire, d’être présente pour elle à son entrée en maternelle et d’être dévouée entièrement à elle. Je bénis cette chance que nous avons eu toutes les deux de pouvoir prendre le temps.  

La suite de ma grossesse s’est très bien déroulée. Mon bébé grandissait et grossissait normalement dans mon ventre. J’ai été déclenchée le jour du terme avec un perçage de la poche des eaux. Tout est allé très vite cette fois aussi avec un bébé que j‘ai accueilli dans mes bras, 9 heures plus tard, comme sa sœur ! Et là... le bliss. Je pouvais enfin respirer, elle était là, dans mes bras, en bonne santé. Et après tout ça, elle n’aurait pas pu s’appeler autrement que Gloria. Un prénom suggéré par Maxime, qui matchait bien avec celui de Pia et qui avait toute une symbolique pour nous, c’était notre histoire.  

“Avoir ce second enfant était devenu un combat pour moi que je ne lâcherai pas”

Avec Gloria, tout a été plus instinctif pour moi. Les gestes, les baisers, c’était inné. J’étais déjà maman, j’avais déjà appris à l’être et je l’aimais déjà avant qu’elle naisse. Ce n’était pas l’inconnu. J’aime me dire que Pia m’a tout appris et Gloria m’a révélée à moi-même. Mais j’ai perdu quand même ma naïveté et mon insouciance lors de cette seconde grossesse. Avoir ce deuxième bébé a été à la fois mon plus grand combat et ma plus grande victoire. J’en suis persuadée, Gloria, avant sa naissance, a transformé la mère que j’étais et m’a permis d'être une meilleure mère pour mes deux filles.  

Évidemment, j'aurais aimé être en phase avec mon rôle de mère plus rapidement mais c'est ce combat pour avoir notre second enfant qui m'a fait prendre pleinement conscience de tout ce que je fais pour mes filles au quotidien : de l’écoute que je leur porte, du temps que je leur donne, de la protection que je leur apporte. Je ne ferais rien différemment puisqu’il m’a fallu en passer par là pour arriver à être bien dans mes baskets de daronne. Je suis la mère que je souhaitais être, que cela plaise ou pas aux autres, leur regard ne m’importe plus. Seuls ceux de mes filles et le mien comptent."

 

Les tips de Marion

Ne pas avoir honte de mettre du temps à tomber enceinte. 
Parler de ses difficultés aux personnes aptes à entendre. 
Ne pas attendre l'approbation des gens autour de soi sur nos choix de mère. 
S'autocongratuler parfois en se disant : "je suis une bonne mère 😀” 
Communiquer avec son partenaire. 
S'entourer des bonnes personnes pour ne pas s'isoler. 
Se faire confiance. 
Être indulgent.e et bienveillant.e avec les femmes qui rencontrent des difficultés soit pour tomber enceinte soit pour mener à bien une grossesse, que ce soit pour un premier bébé ou ceux qui suivent.  

La pensée freestyle de Marion
Ma mère, mes amies, mes collègues, on est des sacrées warriors ! On mérite de se le dire tous les jours, car on est sacrément fortes ! 

 

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