Sexualité après l’accouchement : quand le corps, le cœur et le désir se retrouvent
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On en parle peu, ou à voix basse. Pourtant, la sexualité après l’accouchement est une vraie question pour beaucoup de couples. Quand reprendre ? Est-ce que ça va faire mal ? Pourquoi je n’ai plus envie ? Si tu te poses ces questions, tu es loin d’être la seule. Le post-partum bouleverse tout : le corps, les hormones, la fatigue, l’image de soi… et donc la sexualité.
D’un point de vue médical, la plupart des professionnel(le)s conseillent d’attendre la consultation post-natale, généralement prévue entre 4 et 8 semaines après la naissance.
ℹ️ Selon l’Haute Autorité de Santé, cette consultation permet de vérifier la cicatrisation (en cas d’épisiotomie, déchirure ou césarienne), l’état du périnée et d’aborder la contraception.
Mais ce délai est indicatif, pas une injonction.
Certaines femmes se sentent prêtes plus tôt, d’autres beaucoup plus tard. Une étude australienne, réalisée auprès de 1 244 femmes primipares pendant 18 mois et publiée dans BJOG (2015), revue scientifique internationale de référence en gynécologie et obstétrique, montre que si la majorité des couples reprennent des rapports dans les trois mois, une proportion significative attend davantage, notamment en cas de douleurs persistantes.
Il n’y a pas de “retard”. Seulement des rythmes différents pour chacune.
La reprise de la sexualité après un accouchement peut être bouleversée pour plusieurs raisons :
Accouchement par voie basse, césarienne, points, cicatrices… Même si tout est “normal”, le corps a besoin de temps. La sécheresse vaginale est fréquente, surtout en cas d’allaitement, à cause de la baisse d’œstrogènes (d’après le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français). Résultat : rapports parfois inconfortables, voire douloureux.
La rééducation périnéale, recommandée en France après l’accouchement, joue un rôle clé pour retrouver des sensations et éviter les douleurs.
Les nuits hachées, la charge mentale, l’adaptation à ce nouveau rôle… Le désir peut passer au second plan.
ℹ️ Selon une étude de Santé Publique France (2021), la fatigue et les troubles de l’humeur post-partum impactent significativement la libido. Et c’est ok.
On parle souvent de la reprise “physique”, mais beaucoup moins du désir. Pour certaines femmes, le corps devient d’abord un corps nourricier. Les seins ne sont plus érotiques, ils sont fonctionnels. L’intimité se redéfinit.
Le désir ne disparaît pas forcément. Il change.
Il peut devenir plus lent, plus émotionnel, plus dépendant du contexte. Il peut aussi être freiné par une charge mentale massive. Quand on est épuisée, difficile d’avoir envie.
La bonne nouvelle ? Dans la majorité des cas, la sexualité évolue, mais elle ne s’éteint pas.
📺 Si tu veux creuser le sujet, alors on te recommande chaudement la vidéo de notre gynéco préférée, Samantha Quirin, à retrouver dès maintenant dans notre guide maternité.
Dans plusieurs épisodes de Hot Stories, le podcast qui vient glisser au creux de tes oreilles des récits de sexualité sans filtre, des mères racontent librement comment elles ont repris possession de leur corps et de leur sexualité après avoir accouché. Parfois seule. Parfois en couple.
Pour les entendre sur le sujet :
🎧 L’épisode #1 avec Maïssa pour entendre que renouer avec sa libido après accouchement peut être un chemin très "hot en couleurs"
🎧 L’épisode #8 avec Eloïse pour comprendre comment des séances de rééducation du périnée peuvent radicalement changé le rapport à son corps et contribuer à éprouver à nouveau du plaisir.
Il n’y a aucune obligation de reprendre des rapports sexuels avec pénétration. La sexualité, ça peut être :
Utiliser un lubrifiant peut aider en cas de sécheresse vaginale. Reprendre progressivement, communiquer sur ses sensations, s’arrêter si ça fait mal : c’est essentiel.
Si les douleurs persistent, il est important d’en parler à un(e) sage-femme ou un(e) gynécologue. Les douleurs ne sont pas une fatalité.
Et surtout : le consentement et la communication restent centraux dans le couple.
Pour le ou la partenaire, la reprise peut aussi être déroutante. Il peut y avoir de la peur (de faire mal), de la frustration, de l’incompréhension. Là encore, la clé reste la communication.
On peut dire : “Je ne me sens pas prête”, “J’ai besoin de douceur”, “J’ai envie, mais j’ai peur”…
Ce dialogue protège le lien. Parce que la sexualité après un accouchement n’est pas un test de solidité du couple. C’est une transition.
Faire l'amour après un accouchement n’est ni un sprint ni une performance. C’est un chemin. Parfois chaotique, parfois tendre, souvent transformé.
Ta sexualité ne sera peut-être plus jamais exactement la même. Mais différente ne veut pas dire moins intense. Parfois, elle devient plus consciente, plus communicante, plus vraie.
Prenez ton temps le temps à deux. Vous venez d'avoir un enfant, vous avez le droit de renaître, vous aussi.